Morsure De Serpent
Morsure De Serpent
Savez-vous qu’en 90 ans, depuis sa fondation, le Petit Séminaire de Mbata Kiééla, n’a pas connu un seul cas de morsure de serpent ?
Pendant les 7 ans de notre séjour, à Mbata Kiééla, nous n’avons cessé d’interroger à ce sujet, les nombreux aînés qui nous y avaient précédé. Et la réponse était toujours la même, pas un seul cas de morsure de serpent.
Nous n’avons pas une explication scientifique. Toutefois, nous soulignons la particularité selon laquelle une certaine pureté morale était la règle d’or à laquelle se soumettait la plus part de séminaristes.
C’est un sujet délicat et sur lequel beaucoup d’entre nous pouvait avoir des avis largement différents du mien.
Mááni
Petit mot merveilleux du Kiyombe. Nos parents l’employaient si souvent lorsqu’ils prenaient congé de nous, en partant vers la forêt où les attendaient mille et une petites tâches. Pour nous, la journée, se déroulait allègrement et sûrement, la soirée qui annonçait le retour des parents, s’avançait avec certitude.
Oui, ce n’était pas une attente angoissée bien au contraire car nous, nous anticipions les petits bonheurs inoubliables qu’allaient nous amener nos mamans. Tantôt c’était les safous ébouillantés, avec leurs saveurs subtiles ô combien ! On les mangeait avec des bananes subtilement grillées au bord d’un petit feu sans fumée. Griller ces bananes était tout un art que nos mamans maîtrisaient si bien.
Une fois bien grillée, une telle banane consommée tout de suite, devenait croustillante (64). Rien que le petit bruit que la banane rendait sous la dent, représentait tout un petit bonheur à part entière. Et que dire de la conversation qui se déroulerait au cours de ce petit repas anticipant le grand repas auquel personne d’entre nous ne devait avoir part, car ce repas n’allait être prêt que longtemps après que le sommeil nous aurait déjà envahi.
Notre part était emballée en vue de devenir, au lendemain matin, un tout autre repas mijoté au bord d’un petit feu qui s’éteignait lentement jusqu’à devenir qu’un petit tas de cendre éteinte. C’est cela un repas mijoté dont peu de mamans de nos cités actuelles connaissent encore le secret.
Quelles étaient merveilleuses les matinées de notre enfance !
En plus de ces petits bonheurs discrets, il y avait encore, parfois, une petite pluie qui tambourinait sur notre toiture, un petit rythme complice que ne pourrait imiter le meilleur orchestre.
Les habits de rechange, me direz-vous, où étaient-ils ? A cette époque, le concept d’habits de rechange n’existait pas. C’était la chaleur du corps qui allait sécher les habits.
En effet, par temps d’orage, un grand arbre court bien des risques d’être foudroyé.
Vous me direz pourquoi avoir affronté des pluies torrentielles ? Voici la réponse : notre instituteur de cette époque (2ème primaire) portait le nom de Makoba – Mboondo. Il connaissait l’art de servir, à un enfant, un véritable passage à tabac. Ainsi, nous redoutions l’éventualité d’une seule absence car, l’enfant absent, une seule journée, subissait, le lendemain, ce passage à tabac que nous redoutions tous.
Nager
Une activité que presque tous les jeunes devraient maîtriser.
Nous-mêmes, nous n’avons jamais appris à nager, nous n’avons eu qu’à imiter les mouvements de ceux d’entre nous qui savaient le faire. A notre grande surprise, nous étions, nous-mêmes, devenus des nageurs et comme l’exercice était pratiqué deux fois par semaine, au bout d’une année, nager était devenu, pour nous, une routine.
Il est vrai, qu’au départ, je ne connaissais rien de ce sport, lorsqu’un garçon, plus âgé et plus fort m'entraîna brutalement, en nageant, vers l’endroit le plus profond de ce petit lac. Arrivé à cet endroit, il me lâcha brutalement et se remit à nager très rapidement vers le rivage situé à une bonne vingtaine de mètres.
J’étais, désormais, un nageur au même titre que mes condisciples que j’avais, jusque-là, tellement admirés sans pouvoir les imiter.
Naivasha
Lac du Kenya, ses rives sont célèbres pour leurs fleurs, soigneusement cultivées 12 mois sur 12, grâce aux eaux du lac. Là où l’on cultive massivement une plante quelconque, il faut s’attendre à une invasion massive d’insectes attirés par les fleurs. Nos horticulteurs kényans y font face à coup de doses massives d’insecticides. Quelle horreur !
Même en plein air, là où l’on a pulvérisé un insecticide, il est sage d’attendre au moins une heure. Les ouvriers kényans, pour des raisons de rentabilité, sont obligés de rentrer au lieu de travail, juste cinq minutes après.
Ils se plaignent ainsi de nombreux malaises notamment des maladies atteignant la peau, etc. pire encore, le recours massif à la rivière dont on pompe d’énormes quantités d’eau, lentement et sûrement, le niveau de l’eau baisse. Une autre mauvaise nouvelle est que les produits insecticides rentrent dans cette eau.
Le niveau de pollution du lac ne fait qu’augmenter, pourtant, c’est cette même eau, non traitée, que l’on sert, chaque jour, aux riverains.
Cette information doit nous interpeler, nous les congolais, riverains des certaines contrées. Les insecticides, en effet, représentent une véritable catastrophe. Ne pouvons-nous pas initier une culture au sein de laquelle nous allons progressivement éliminer les insecticides ? Quitte à perdre certaines ressources forestières.
Nous pensons qu’il est plus économique, face aux enjeux de l’avenir, de partager nos ressources forestières avec ces insectes vivant autour de nous, que de courir des risques de supprimer, progressivement, une compagnie aussi précieuse qu’est l’abeille butinant parmi nos fleurs.
Nous voulons, au contraire, non seulement protéger les abeilles, mais voir la densité de leurs populations revenir à ce qu’elle était, par exemple, dans les années 1950.
Il est clair que les pesticides doivent être totalement supprimés.
La méthode de capture doit être telle qu’elle protège les abeilles. C’est aux professionnels qu’il faut poser une telle question.