CHAPITRE V : Équilibre de l’Humanité

CHAPITRE V : Équilibre de l’Humanité

Si la Chine pratique une politique extrêmement active dans la formation des scientifiques et des ingénieurs de très haut niveau et que le reste de l’humanité n’en ferait pas autant, ceci conduirait à un dangereux déséquilibre.

Dans tous les cas, l’homme de la rue n’a aucune possibilité de se rendre compte de ce qui se passe dans les grands laboratoires des pays avancés, qu’il s’agisse de l’UE, des USA, de la Grande Bretagne, du Japon ou de l’Inde. Il faut observer que dans le domaine des nouvelles technologies, Israël doit être considéré comme une véritable puissance travaillant étroitement avec les USA.

Trêve.

Deux pays en pleine guerre peuvent, pour des raisons spéciales, suspendre la guerre pendant un temps déterminé. Ils signent ainsi une trêve.

Sacre.

C’est une cérémonie dont l’objectif est d’élever une personnalité à certaines fonctions supérieures.

Lorsqu’un président ou un roi est élevé au rang d’empereur, on parle de sacre. Exemple, le sacre de Charlemagne, sacre de Jean Bedel Bokassa.

Le plus cocasse est que l’empereur Bokassa semblait prendre au sérieux le rôle qu’il était en train de jouer. Nous nous sommes toujours demandé si ses partenaires français y croyaient ou s’ils étaient convaincus de participer à une comédie grotesque.

V.1. Vallée étalée

Belle stratégie de récupération de l’espace arable utile et disponible au village riverain. Il faut, dans toute la mesure du possible, commencer par une vallée proche.

La première étape est l’arc romain. Réaliser le modèle sur une longueur minimale de 50m et progressivement intéresser les riverains jusqu’au bout du projet.

À l’issue de la compétition, négocier l’intégralité de l’exploitation de la surface azimutale sur une largeur minimale de 20m. Cette longueur couverte par une surface voutée est protégée de façon à constituer une serre également voutée latéralement.

Les riverains disposent chacun d’un puits d’accès à la nappe phréatique toute proche. Du point de vue éducationnel, il faut encourager une pisciculture intensive et l’accès à une verrerie à bas prix. Ainsi, le projet d’une mini usine de verrerie est à examiner. Cette mini usine devrait être exploitée en utilisant une ressource énergétique avec un minimum de gaz à effet de serre. Ce qui, peu à peu amènerait les riverains à maîtriser l’agriculture sous serre, favorisant ainsi des cultures (à toutes les saisons) telles que les tomates, les légumes et les cultures à grande valeur nutritive.

Cette agriculture doit consommer d’énormes quantités d’électricité. Ceci ne devrait pas être une difficulté majeure si l’on réussissait à convertir un petit territoire comme celui du Kongo Central en territoire aux mille lacs.

À l’issue de chaque année, le Kongo Central voit s’enfuir vers l’océan des milliards de tonnes d’une eau que nous aurions dû arrêter afin qu’elle ralentisse sa vitesse de fuite ou sa vitesse de départ. Ce serait, en version moderne, une sorte de miracle de Josué.

Ce qui est passionnant, c’est que, contrairement au miracle de la Bible, l’homme serait cette fois-ci capable de réaliser un tel exploit. Au lieu de regarder bêtement le départ vers l’océan de ces milliards de mètres cubes d’eau, les humains se mettraient résolument au travail en vue de construire d’innombrables barrages comme c’est le cas au Laos, par exemple.

Les eaux retenues couleraient lentement tout au long de l’année en assistant l’homme dans bien des activités industrielles.

Nous avons, à plusieurs endroits, souligné les potentialités cachées de certaines rivières comme la Lubuzi dont la source est située à près de 800m au-dessus du niveau de la mer. Peu de personnes réfléchissent correctement sur ce qu’un pays comme la France réalise en exploitant les eaux provenant de la fonte des neiges des alpes. C’est une ressource énergétique fort importante.

Ainsi, les rivières comme la Lubuzi et la Lukula peuvent donner naissance à de nombreux barrages hydroélectriques. Nous ne nous fatiguerons jamais et nous continuerons à insister sur l’exploitation de ces potentialités cachées. Un barrage hydroélectrique, c’est comme une boîte de conserve que l’on ouvre un jour, le moment venu ; de même avec un barrage, on peut ralentir la vitesse de la course des eaux vers l’océan, voire parfois la réduire à zéro.

V.2. Mots difficiles

Étalée

Une vallée est étalée lorsque sa partie horizontale peut être assimilée à une véritable petite plaine.

Ceux qui connaissent la vallée de Tshela Mbanga ont une idée de ce que l’on appelle une vallée étalée.

URBANISME

Lire « Quand les villes dévorent l’espace ». Un département, en France, c’est, en moyenne, l’équivalent de 1000 km2. L’urbanité de Paris est quasi magique. Peut-on en dire autant de toutes les villes ? La règle générale, un peu partout dans le monde, est la présence de lieux moches et enclavés.

Nous garderons toujours le souvenir déprimant qui demeure dans notre cœur et que nous avons ressenti le jour où nous avons eu l’idée tout à fait étrange de parcourir à pied l’espace entre l’hôpital de Makala et le Rond-Point Ngaba. La dégradation que nous y avons observée était telle que cette nuit-là, nous n’avons pas pu dormir.

Comment en sommes-nous arrivés à un tel niveau de délabrement ? Je demandais à l’ami qui m’accompagnait s’il pouvait tirer des photos. Il me répondit qu’il ne pouvait pas le faire car, si nous photographions ces endroits misérables, nous courions le risque de nous faire arrêter et de nous retrouver à Makala, la grande prison de Kinshasa. Étant donné notre état de santé et notre âge, il n’est pas certain que de Makala nous arriverions à sortir vivants et en bonne santé. Que pouvais-je répondre à cette réflexion pleine de bon sens ?

La promenade se termina en silence car, tous les deux, extrêmement fatigués, nous avions le cœur gros. Pourtant, le voyage dura longtemps car, le malvoyant que je suis avait bien des peines à négocier un passage convenable à travers certains endroits particulièrement dégradés.

Urbanité de Paris

Un peu partout à Paris, les touristes trouvent des aspects attrayants et séduisants, des aspects qui les forcent à s’arrêter pour regarder de plus près et s’attarder sur bien des détails. Ce qui n’est presque jamais le cas pour une quelconque autre ville, même en France.

Si la Gombe est agréable à visiter, il n’en est pas de même pour Makala ou pour Kisenso. Pour qu’il en soit ainsi, il faudrait de très gros investissements. Il faudrait également de l’imagination et beaucoup de créativité. Ce serait, en somme, une tâche extrêmement passionnante si, en y mettant de gros moyens financiers, on demandait à des architectes paysagistes de redessiner les quartiers cités ci-dessus, Kisenso et Makala, de façon à en faire de véritables bijoux.

C’est tout à fait possible, puisque l’eau est omniprésente et qu’on peut, dans chacun de ces quartiers, créer des parcs, des lacs, de grands immeubles, etc. Il faudrait malheureusement chasser les détourneurs de fonds. Ceci est une condition qui ne pourra être réalisée que dans un avenir extrêmement lointain.

Délabrement

Dégradation qui conduit une maison ou un quartier, naguère joli, vers une situation de ruine. Tout quartier urbain, aussi beau soit-il, peut tomber un jour en ruine. Il suffit de renoncer à tous les efforts d’entretien, de remise en état, de réparation, etc.

Rappelez-vous l’adage : « Tout passe, toute lasse, tout casse ». Là où l’homme renonce à toute idée d’entretien, de réparation et de remise à jour, la dégradation trouve de nombreux chemins pour s’installer dans les quartiers. Ce qui est admirable, dans certaines villes modernes, c’est qu’il y a toujours des endroits où l’on répare, où l’on construit des immeubles qui remplacent ceux devenus trop vieux.

Nous avions pour la première fois visité la ville de Washington en 1961. Lorsque nous y avons remis les pieds dix ans plus tard, tout au moins dans les quartiers que nous avions connus, allant du Pont Circle vers la Maison Blanche, pratiquement tous les immeubles que nous avions connus là avaient disparu, à peu de chose près. C’est cela un milieu urbain qui vit et qui respire.

Endroits dégradés

Endroits fortement abîmés. Le long du voyage décrit ci-dessus, nous avons traversé un pont en bambous. Ne pouvant pas le traverser côte à côte, nous avons fini par le franchir à tour de rôle en rampant car, il était impossible de le traverser debout sans tomber dans la rivière.