CHAPITRE II : Les chiques au village

CHAPITRE II : Les chiques au village

Les villages disposant d’un système d’arrosage seront définitivement débarrassés des chiques parce que dès qu’elles sentent la présence de l’eau, elles vont se réfugier en profondeur du sol en attendant une nouvelle saison sèche qui ne viendra plus jamais dès que l’on disposerait d’une pluie artificielle.

À part la conséquence fâcheuse pour les chiques qu’elle nous évite, la pluie artificielle sur commande entraînerait des conséquences agréables : la possibilité de planter, parfois plusieurs fois l’an, car on n’est plus lié par la pénurie d’eau. On peut planter du riz quand on veut…

Le spot lumineux faisant peur à l’oiseau, notre prédateur, qui a causé tant de soucis aux enfants que nous étions, il va attendre que le méchant spot lumineux s’arrête. Ce qui n’arrivera que le soir.

C’est cruel ! Pour cette raison, maintenance de la biodiversité oblige, on devrait aménager des endroits où les oiseaux sauvages pourraient manger. En effet, il ne faudrait pas les forcer à quitter les environs. Dès qu’on le peut, on doit alterner les cultures, par exemple, maïs et haricots, car les haricots enrichissent le sol en engrais naturels azotés, tandis que le maïs est une véritable pompe à eau. Petit problème dès lors que la pluie artificielle est installée !

Nous avons souligné le coté tragique des villageois qui abandonnent les sites de leur village d’origine. C’est une erreur aux conséquences incalculables. Aux abords d’une route fréquentée par de nombreux véhicules, les villageois viennent s’installer sous une véritable pluie de particules cancérigènes avec les fumées d’hydrocarbures de toutes sortes, avec myriades de fumisteries, particules provenant des frottements des métaux avec les caoutchoucs, sans compter les poussières malsaines provoquées par les pneus, et avec cela, vive le cancer !

Avec tout cela, on sait que le cancer n’a pas encore de médicament efficace. Quand bien même il y en aurait un, pas grand-chose ne changerait pour les Africains. Quand bien même on aurait un médicament, nous n’avons pas d’argent, nous les Africains moyens, pour acheter de tels médicaments. Pourquoi venir alors nous installer le long de la route ? Peut-être parce que le sol de l’ancien village est devenu trop aride et totalement improductif.

Là-bas, nous n’avons que le chant du coq. Pourtant, lorsque le président Jimmy Carter eut la chance d’envoyer vers le fond de l’espace un engin spatial qui ne devrait plus revenir vers la terre, une idée vint aux organisateurs de ce voyage vers l’inconnu, à savoir un disque métallique et un dessin montrant comment le jouer.

Parmi les sons de ce disque, on avait retenu le cri pathétique d’un nouveau-né, l’admirable chant du coq qui nous a ému. Même à Pékin, c’est toujours le même chant. Avec les bruits souvent assourdissants des véhicules, nos amoureux de la route viennent récolter les prémisses d’une éventuelle maladie d’Alzheimer.

Nous n’avons aucune sympathie pour cet attrait que crée une route progressivement fréquentée par des véhicules motorisés.

N.B.

– La réussite de cette pluie artificielle devrait pouvoir booster d’une manière exceptionnelle le lancement de la Chaîne de Solidarité à l’intérieur de nos villages abandonnés. La réussite d’une telle opération pourrait redonner à nos universitaires ce regain de crédibilité qui nous manque tant.

II.1. Enjeux du futur et chaîne de solidarité

À l’entrée de ce 21ème siècle, notre belle, mystérieuse et troublante Planète Bleue entre, c’est certain, dans une course radicalement différente du parcours que nous avons connu jusqu’ici.

II.2. Corona Virus

Jusqu’où cette pandémie va-t-elle frapper ? Nos frères et nos sœurs, un peu partout sur notre Planète Bleue, meurent à un rythme sans précédent. Il est temps d’ouvrir les yeux et de mettre fin à notre indifférence et à notre insouciance. Il faut, face aux défis du futur, organiser, oui, organiser une chaîne de solidarité visant à financer certaines initiatives en vue de crédibiliser, un tant soit peu, certaines réponses du Congo face aux défis climatiques, face à de nouvelles initiatives en vue de mieux gérer, notamment, une certaine partie des ressources naturelles encore disponibles.

Les jours du réveil ont sonné. Il n’y a plus de doute ! Qui d’entre nous aurait imaginé que dans le Nord Canadien, par exemple, on allait connaître des températures tutoyant allègrement les cinquante degrés centigrades ? Qui aurait imaginé qu’à la suite de ces chaleurs, plus de 500 personnes allaient périr dans ce même Nord canadien ? Ce n’est pas tout ! Une suite de situations semblables se produit, non loin de là, aux USA.

II.3. Enjeu du futur, énergie hydroélectrique (RDC)

La RDC étant un sous-continent, nous ne pouvons, en aucun cas, disposer d’une voix qui puisse être entendue de tout le pays. Voilà pourquoi nous nous tournons vers le Kongo Central sur lequel nous avons toujours planché, en ce qui concerne les enjeux de ce futur immédiat avec sa cohorte de menaces liées notamment aux changements climatiques.

II.4. Conquête de l’énergie hydroélectrique

La RDC est une énorme cuvette dont les versants offrent d’énormes potentialités hydroélectriques. C’est une richesse qui dépasse, de loin, les mythiques richesses minières. Nous nous limitons, pour le moment, à la seule petite province du Kongo Central dont nous aborderons les cas particuliers de la Lubuzi et de la Lukula, sans oublier l’axe routier Kin-Matadi. Nous avons ainsi épinglé le petit trio Sengezi, Lukusu et Ngufu.

En quittant l’axe ci-dessus, nous avons jeté un coup d’œil sur la Luasi, la Mpioka et les cours d’eaux subséquents. Cette liste n’est qu’un très petit échantillon des ressources potentielles du Kongo Central en matière de potentialités d’hydroélectricité. En effet, lorsque tombent ces innombrables pluies qui visitent le Kongo Central, chaque année, combien de congolais se sentent tristes ? Tristes de voir défiler, vers l’Océan Atlantique tant de précieuses ressources énergétiques si inutilisées !

Seront-elles encore disponibles dans le futur ? Et pour combien de temps ?

II.5. Arrête-toi

En réponse à ces inquiétudes suscitées par les incertitudes du futur, nous devons, devant les crues des rivières, tenir le langage de Josué : « Pas si vite, ralentissez votre course car, avant de rejoindre l’Océan, nous avons, devant nous, une foule de petits travaux pour lesquels nous avons besoin de vos aides. »

Pour cela, il faut convertir le Kongo Central en un pays aux mille lacs, un pays truffé de micro-barrages hydroélectriques. Ces milliers de barrages vont aider au financement d’innombrables panneaux solaires qui vont se multiplier et prendre, après les terribles résultats des changements climatiques redoutés, la relève des barrages hydroélectriques probablement devenus inutiles dans un futur pas trop éloigné, faute d’une eau suffisante.

Selon la thèse de doctorat du très regretté André Jacques Kiwanzi, le Bas-fleuve comportait, avant 1960, près de 5.000 villages. Nous ne connaissons malheureusement pas l’estimation du nombre de villages, à cette époque, dans le reste du Kongo Central. Bon nombre d’entre eux, un peu partout, sont aujourd’hui désertés pour des raisons totalement inadmissibles.

Le villageois, à l’heure qu’il est, préfère venir s’installer le long des axes routiers en courant ainsi les terribles dangers que représente une exposition prolongée aux poussières de ces grands véhicules qui traînent derrière eux des flots de particules de ces hydrocarbures dont on connaît la dangerosité en termes de risque de cancer.

Nous osons croire qu’au sein des administrations provinciales, il existe des cellules de réflexion en train de plancher sur les conséquences de ce choix catastrophique en ce qui concerne la santé de nos villageois mal renseignés.

II.6. Que faire ? Rester sur l’ancien site du village ?

C’est, à notre avis, le meilleur choix possible, à condition que l’administration réponde, peu à peu, aux carences de ces anciens sites, à savoir les facilités nécessaires pour écouler les produits vivriers du village dont le sol doit impérativement redevenir fertile, si et seulement si on met en jeu les technologies nécessaires pour banaliser ces pluies artificielles si indispensables.

Sans cette ressource et sans le travail d’un minimum de compétences agricoles, le sol du village ne peut être qu’un désert d’où l’on ne peut rien tirer de significatif. Tels sont les défis ou les préalables à réaliser pour que l’ancien site du village devienne, cette fois-ci, un site attractif de nouveau convoité par ses anciens occupants.

C’est une véritable révolution et un défi à lancer à tous nos partenaires administratifs qui doivent, de toute évidence, s’entraîner à l’instar de l’époque coloniale, à l’art de mettre leurs compétences au service du village et des villageois.

Une organisation volontariste des ressources d’eau douce doit pouvoir permettre de doubler ce nombre de villages grâce à la vulgarisation des champs protégés par des clôtures que gère un important réseau de cellules photoélectriques.

Ces dernières offrent peu de chances au petit malin qui chercherait à réaliser, chez le voisin, une petite opération de pillage. Il sera filmé et son visage apparaîtra dans les archives du territoire, sur la liste des voleurs à surveiller. La pratique de la technologie de la reconnaissance faciale semble, dans ce cas, difficile à éviter.

II.7. Nsasi ou Biulu

La sauvegarde des espèces animales et végétales doit être l’un des aspects majeurs à prendre en considération. Cet aspect représente un volet qui doit être débattu par une équipe de spécialistes compétents et passionnés par le problème de la course en faveur de la sauvegarde de la biodiversité animale et végétale du Kongo Central.

Les Nsasi ou Biulu doivent être protégés avec des moyens électriques appropriés. Des sanctions sévères doivent être prévues à l’encontre de tous ceux qui prendraient à la légère les blocs forestiers protégés. On n’y entre pas, on n’y coupe rien.