CHAPITRE I : Un match inoubliable

CHAPITRE I : Un match inoubliable

Le match de football représente en R.D.C. le spectacle le plus populaire. C’est surtout vrai en milieu urbain. Même la ville la plus modeste possède généralement plusieurs clubs de football.

Chaque club a un nom spécial pour désigner ses footballeurs. Je me rappelle qu’avant l’indépendance, la modeste ville de Tshela dans le Bas-fleuve possédait au sein de la mission catholique une équipe de football appelée spirou.

Rien d’étonnant, parce que nous étions en pleine culture Belge! Soixante ans plus tard, on trouverait tout à fait étrange qu’en R.D.C., on connaisse encore des équipes avec des noms de ce genre.

I.1. Ambitions de jeunesse

À l’instar de ce qui se passe dans presque tous les pays du monde, un vrai sportif congolais est généralement bien informé sur les exploits des grandes équipes au sein de la capitale ou à Lubumbashi.

Qui ne connaît pas Vita Club à Kinshasa ? Un Congolais qui ignorerait le Tout Puissant Mazembe serait purement et simplement un béotien en connaissances sportives.

J’avoue que lorsque j’étais jeune, j’attachais au football une importance toute particulière. Lorsque mon équipe préférée était battue, je broyais du noir toute la semaine. J’avais du mal à me concentrer car je souhaitais que mon équipe devienne un jour la plus célèbre du monde.

Mes amis, toujours taquins, s’en donnaient à cœur joie en cherchant à me rappeler fréquemment la dernière défaite cuisante qui me torturait. C’est à ces occasions que je remerciais le destin qui avait voulu qu’immédiatement après l’école secondaire, j’ai eu la chance de continuer une formation en philosophie.

C’est ainsi que les moqueries de mes amis n’entraient pas du tout en profondeur car, en dépit de ma passion pour le football, pour rien au monde, je n’aurais accepté d’échanger des coups de poings ou de proférer des paroles chargées d’une colère excessive. Ce n’était que du sport et rien de plus.

Loin de ces considérations, parlons d’une mésaventure subie par une équipe provinciale qui avait poussé l’ambition jusqu’à vouloir rencontrer en match amical une importante équipe de Kinshasa. Si mes souvenirs sont bons, il s’agit de Vita Club.

Pour que notre petite équipe locale se sente à l’aise, on avait choisi un arbitre de la place. Ce choix, pensait-on, allait mettre en confiance les joueurs locaux intimidés par le prestige de Vita Club.D’entrée de jeu, Vita Club marqua son premier but après deux minutes d’une démonstration insolente ; nos joueurs locaux couraient en pure perte sans avoir la moindre occasion de frôler le ballon.

Pour compliquer la situation, il faisait extrêmement chaud. Les joueurs de Vita Club, encouragés par leur premier but ne semblaient nullement incommodés par la chaleur caniculaire de cet après-midi là.

Malgré les encouragements du public entièrement acquis à leur cause, les joueurs locaux eurent le malheur d’encaisser un deuxième but ; on était seulement à la troisième minute du match. L’effet de ce deuxième but précoce qu’il aurait fallu éviter à tout prix, produisit sur les locaux un effet tout à fait catastrophique.

De toute évidence, Vita Club était en train de passer à la vitesse supérieure ; les joueurs de Kinshasa ne semblaient nullement fournir des efforts exceptionnels, quoique les buts se succédaient impitoyablement les uns aux autres. Le public n’en croyait pas ses yeux, car il fallait se rendre à l’évidence : la sympathique petite équipe locale ne semblait plus jouer à un match ; elle subissait une cruelle leçon de football.

Personne ne savait comment tout cela allait se terminer lorsque subitement, l’arbitre siffla un penalty en faveur de l’équipe locale. Personne, mais alors personne parmi les spectateurs ne pouvait comprendre d’où venait ce penalty. Imperturbable et tout à fait professionnel, lentement, en fin connaisseur, l’arbitre s’empara du ballon et le transporta sous son bras gauche.

De part et d’autre, les joueurs étaient médusés. Personne ne comprenait ce qui venait de se passer. L’arbitre vint curieusement placer le ballon à quelque trois mètres du gardien de Vita Club. Le visage de l’arbitre était impassible. Personne ne comprenait ce qui se passait dans sa tête.

Aussitôt, l’arbitre convoqua un joueur appelé Alubé. Ce dernier, comprenant ce qu’on lui demandait, prit position en attendant le coup de sifflet. L’attente était interminable, le silence était total. Est-ce que l’arbitre jouait avec les nerfs du gardien ? Question difficile à trancher car le scénario allait se jouer en quelques fractions de seconde.

Alubé, dit-il, nioma ! Au coup de sifflet, il s’en suivit une feinte de félin. Le coup parti, ce fut le but libérateur. L’enthousiasme était à son comble ! Tout le monde était debout, en pleine extase. Vita Club qui en a connu d’autres tout au long de sa carrière, attendait patiemment la reprise du match.

Une attente angoissante car l’arbitre, mû par un message secret, venait de prendre la poudre d’escampette en courant à la vitesse d’une flèche et en abandonnant sur le terrain joueurs et spectateurs.

L’imbroglio qui s’en suivit fut tel que les spectateurs ne pouvaient plus rester assis. Les joueurs de deux équipes étaient pétrifiés. Chacun d’entre eux gardait sa place en se disant que l’arbitre avait peut-être connu un malaise naturel incontrôlable.

Il fallait attendre, car nos amis Anglais qui, au 19ème siècle avaient inventé le règlement du football, n’avaient peut-être pas prévu l’attitude à adopter dans de pareilles circonstances.

Ce sont les supporters de Vita Club qui trouvèrent la solution. La maison de l’arbitre fut visitée pour être saccagée, Dieu merci, l’arbitre était absent et les occupants de la maison s’étaient abrités car un coureur rapide les avait prévenus à temps. De plus, la population locale s’interposa fermement.

Des heures plus tard, le fanatique du football découvre l’arbitre qui s’était abrité bien loin du stade. Tout passe, toute lasse, tout casse. Tout le monde avait oublié la fin pathétique de ce drôle de match. Oublié ? Pas du tout ! Car le nom de notre arbitre était chanté en héros puisqu’il avait sauvé l’honneur de leur ville.

L’histoire ne nous dit pas comment on a pu récompenser le fameux arbitre dont la maison avait failli être saccagée.

I.2. Sachets en plastique

L’élimination totale de sachets en plastique représente un objectif que l’on ne peut atteindre qu’à l’issue d’un long voyage. Puisqu’un long voyage commence toujours par un premier pas, pourquoi ne pas commencer aujourd’hui ? De quelle façon pourrons-nous commencer ?

Par exemple, en nous rendant dans un magasin, il serait bon d’amener avec nous un sachet en toile, un petit panier commode à transporter ou tout autre récipient peu encombrant. (Q1)

Ainsi, à l’issue des toutes les transactions, la vendeuse, au lieu de nous donner deux ou trois sachets encombrants, se contentera de remplir le récipient que nous lui aurons présenté. Quant aux sachets en plastique, ils seront réservés au prochain client. Ne serait-ce pas là une action positive dans la bonne direction ? (Q2)

Il y a en effet trop d’interdits en relation avec les sachets en plastique :

Brûler ? On ne peut pas.

Pourquoi pas ? Cela produirait à coup sûr une molécule méchante appelée des gaz toxiques dont les dioxines, néfastes à la végétation et à la santé des humains et animaux.

Stocker dans un coin de notre maison ? On ne peut pas les stocker dans notre propre maison, car cela serait le point de départ d’un dépotoir qui va vite grandir au fil des jours puisque le plastique ne peut ni pourrir, ni sécher en devenant friable.

Que faire ? L’enterrer dans le sol ? On ne peut pas car, une fois enterré dans notre jardin, il va, selon les spécialistes, subsister au moins 400 ans avec toutes ses méchantes propriétés : pas de friabilité dans le sol ; pas de pourrissement, etc.

À ce titre, il va représenter, dans le sol, un obstacle majeur aux activités agricoles : un sol truffé des plastiques est un sol qui ne respire pas. On a tellement besoin d’air dans le sol comme en surface.

Tout échange biologique correct exige de l’air. Ainsi, nous nous garderons d’enterrer les plastiques. Ils représentent, pour un sol en bonne santé, un ennemi à éviter à tout prix. En plus du blocage de la circulation de l’air, le méchant plastique va également bloquer l’infiltration de l’eau des pluies.

Tout le monde connaît, le long de nos avenues, ces mares d’eau qui ne disparaissent que plusieurs jours après que la pluie soit passée et qui, en attendant, représentent des lieux privilégiés pour plusieurs agents pathogènes et insectes nuisibles dont les plus célèbres sont nos fameux moustiques, source de tant de misères, non seulement pour nos enfants, mais pour nous-mêmes.

Il semble que certains pays soient en voie de trouver des solutions pratiques. Par exemple, en créant des briques en plastique. Ces briques, comprimées à une forte pression, représentent un matériau de construction assez valable puisqu’il fait passer l’air.

Dans bien des pays africains, au Nigeria par exemple, on commence à collectionner ces déchets plastiques. On les envoie vers un centre de triage car à vue d’œil, les déchets plastiques sont différents les uns des autres. Certains ne peuvent surtout pas convenir à la confection des briques. Les sachets qui conviennent pour cette finalité sont enfin, acheminés vers une presse développant de très fortes pressions. Cette visée est si intéressante que le Nigeria a même créé une société de sous-traitance dont l’objectif est la récupération des sachets en plastique.

Il semble que cette société Nigériane de sous-traitance fonctionne même à Kinshasa. Pourquoi ne pas créer, nous-mêmes, de telles entreprises de fabrication de briques puisque l’exportation des sachets en plastique ne nous rapporterait pas grand-chose ? Au lieu de continuer à répéter à longueur de journées la phrase dérisoire selon laquelle les caisses de l’État sont vides, il faut instaurer un climat passionné pour la création de nouvelles petites entreprises qui devraient partout bourgeonner (naître) en réponse aux problèmes réels rencontrés par la RDC.

La croisade contre les plastiques est un objectif passionnant car la RDC, pour devenir maîtresse de son destin, doit devant chaque problème, se prendre en charge et mettre en place des solutions pratiques susceptibles de donner bien de petits espoirs au cœur de tant des foyers totalement démunis de toute ambition de se faire, chaque jour, un peu d’argent afin de nourrir les nombreuses bouches de la famille.

Cependant, si une mégapole comme Kinshasa s’introduit avec méthode et volontarisme dans l’intéressante filière de la récupération des sachets en plastique, il en résulterait pour cette ville un nouveau secteur d’activités ; un secteur capable d’employer tout au moins des milliers de jeunes dans un premier temps.

Pour que ce secteur attire plusieurs jeunes, il faut qu’il soit rentable en permettant à chacun d’eux de vendre, au kilo, la récolte quotidienne de plastiques. Cela suppose une entreprise dynamique, fiable et bien organisée.

Avant de rédiger le dernier paragraphe de ce thème que nous n’avons fait qu’effleurer, il importe de souligner que le plastique, déversé chaque jour dans les océans, à raison de plusieurs millions de tonnes, est à la base de l’hécatombe tant d’animaux aussi précieux que le dauphin qui est l’un des meilleurs amis de l’homme. Voyez comment nos amis des pays industrialisés payent ces chers dauphins en monnaie de singe !

Ce n’est pas seulement en mer que l’on enregistre les dégâts causés par les sachets en plastique.

I.3. Mots difficiles

Objectif : but ou finalité ; ce que l’on cherche à atteindre.

Cette année scolaire, se dit Georges, je dois dépasser l’exploit de 84 % des points à la fin de l’année scolaire. C’est l’objectif que Georges s’est assigné.

Un pas : C’est la distance entre deux empreintes consécutives. Par exemple, une empreinte gauche et l’empreinte suivante qui est droite. Cette distance est un pas.

Aujourd’hui : Avez-vous fait attention au mot hui ? C’est un rappel de son ancêtre latin Hodie qui veut dire le jour d’aujourd’hui.

Encombrants : Difficile à gérer. En relisant le texte, vous comprendrez pourquoi le plastique est encombrant. Le plastique est un produit encombrant car on ne peut s’en débarrasser facilement.

Jacques est un ami encombrant : il se fâche rapidement car, après n’importe quelle petite plaisanterie, il pense qu’on fait allusion à lui ou qu’on parle de lui.

Comprenez-vous le mot allusion ? Cherchez-en la définition.

Client : Acheteur

Interdits : Choses qu’on ne peut pas faire.

Avec la COVID, serrer la main est un interdit.

Friable : Qui se casse facilement en se laissant décomposer en tous petits morceaux.

Truffé des plastiques : Rempli de plastiques.

À vue d’œil : De toute évidence, rien qu’en regardant.

Fortes pressions : Les sachets sont comprimés fortement au moyen d’une presse hydraulique, par exemple, d’une vis d’Archimède ou autrement.

Sous-traitance : Une société de sous-traitance est une société qui gère un ou plusieurs secteurs indispensables au bon fonctionnement d’une autre société, par exemple, une entreprise spécialisée dans la fabrication de bouchons métalliques ou de bouchons en liège peut fonctionner comme société de sous-traitance d’une brasserie ou d’une industrie viticole (une industrie viticole est une industrie qui produit du vin).

Croisade : C’est une expression militaire faisant allusion aux expéditions que Les Occidentaux menèrent en Israël afin de libérer, pensaient-ils, le lieu saint.

La plus importante de ces croisades fut la première menée, notamment par Godefroid de Bouillon et qui s’est conclue le 15 juillet 1099 par la prise de Jérusalem.

I.4. Questions

Q1. Pourquoi cette initiative n’inspire-t-elle pas les Congolais ?

Une réponse vraisemblable est la suivante : on a peur d’être ridicule. L’histoire nous montre pourtant que dans toutes les sociétés du monde, ceux qui ont changé le cours de l’histoire, ce sont des personnes qui savent nager à contre-courant, c’est-à-dire, qui savent se moquer du qu’en dira-t-on.

Q2. Pourquoi cette action serait-elle positive ?

Parce que la vendeuse aurait utilisé moins de sachets.

FAB LAB (MIT)

J’étais naguère très intéressé par ce projet dont l’intérêt est immense, non seulement pour un pays du Tiers-monde, mais pour tout pays aux aguets dans le domaine des applications de la Technologie et de la Physique, lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes pratiques fort concrets.

Nous nous trouvons devant ce problème inspiré par l’une des plus célèbres chutes d’eau de notre Planète. Il s’agit de la chute d’eau portant le nom de « Saut de l’Ange » au Venezuela.

La dénivellation est de 979 m. L’eau doit parcourir une course, théoriquement, le long d’une trajectoire parabolique, approximation grossière en raison des incontrôlables paramètres, notamment les collisions des chaque goutte d’eau avec des milliards de molécules de l’air qui est loin d’être au repos. De ces collisions résultent de nombreuses fragmentations des gouttes d’eau, et nous obtenons ainsi des milliards de gouttelettes d’eau. Vous vous imaginez les conséquences ?

Au bout de quelques dizaines de mètres de course, l’eau est littéralement pulvérisée en milliards de gouttelettes. Elle continue ainsi sa course, non plus comme liquide, mais comme gaz. On se trouve devant deux gaz ou plus exactement devant un mélange d’eau et d’air, tous les deux sous forme de nuage.

Ceux d’entre nous qui ont déjà voyagé en avion savent comment l’avion dépasse les différents nuages qui donneront peu à peu naissance à une ou plusieurs pluies.

Résultat : un nuage s’élève au-dessus de la chute vertigineuse. L’observateur situé au bas de la chute ne voit qu’une chose : une mystérieuse pluie qui semble tomber 24h sur 24 à partir des feuilles des arbres environnants. C’est cette pluie qui m’a inspiré dans la conception de la pluie artificielle.

Chaque molécule d’eau se charge d’un certain nombre de molécules d’air. Ainsi, la gouttelette se trouve suffisamment fragmentée.

Arrosage

Ce processus est essentiel car, tout près des maisons, le sol est sec, voire très sec. Ce sol, tout près de la maison est déjà protégé par une clôture ou un mur avec de nombreux petits trous.

On aimerait disposer d’une bande de 50 m à partir de la route. C’est cette bande qu’il faut recouvrir d’un sol relativement fiable et en position de recouvrir des semences selon un plan à concocter avec des agronomes. La longueur de la bande est variable suivant les contraintes du terrain.

En revanche, le long du côté opposé à la route, on doit aménager un paysage pour le véhicule arroseur, car la bande doit être arrosée d’une manière aussi uniforme que possible.

Quelques définitions

MIT : Massachusetts Institute of Technology

Fab lab : Fabrication laboratory (laboratoire de fabrication)