Chapitre II : La poule travailleuse

Chapitre II : La poule travailleuse

II.1. Lecture sur la poule travailleuse

Petit enfant de village, j’avais pour les coqs et pour les poules, un

attachement (1) si réel (2) que mes parents s’en inquiétaient (2bis).

Lorsque l’une de mes poules s’en allait derrière la maison pour fouiller

le sol, à la recherche d’un peu de nourriture, j’avais l’envie (3) de l’aider. Parfois

même je lui disais : écarte-toi (20) de là ; je suis plus fort (4) que toi. Pour toi,

je vais retournerle sol après tu vas venir continuer ton travail beaucoup plus

facilement. Hélas (5), dès que je m’approchais de celle que je croyais être ma

petite amie, cettedernière se sauvait prudemment et allait picorer ailleurs.

Le travail que je réalisais, entre-temps, n’avait à ses yeux, aucun intérêt.

Avec l’âge(6), j’ai compris le problème de ma poule. Il faut qu’elle fouille (7) le

sol toute seule, qu’elle puisse après chaque coup de pâte examiner (8)

rapidement les petits sillons (9).

Provoqués par ces coups de patte pour surprendre toutes les petites bêtes

effrayées (10) et surprises peut-être dans leur sommeil. Le sol, quelle cité

mystérieuse grouillante de vie ! A l’issue d’une petite pluie nocturne, il

m’arrivait de découvrir derrière notre maison,d’innombrables monticules dont

la hauteur n’atteignait généralement pas le demi- centimètre. Ces petites

collines étaient pour moi des petits mystères.

A mon père je posais la question de savoir d’où elles provenaient. Papa

n’en savait rien. Pour rien au monde, je n’aurai souhaité poser la même

question à ma mère toujours trop occupée.

Mon maître d’école en savait peut-être quelque chose. Mais, sait-on

jamais ? N’était-ce pas là un risque d’une dangereuse raclée (11) de ce terrible

maître redouté de tout le monde ? Ne portait-il pas le surnom de makoba

mbondo (12) ? Il fallait se taire. Pourtant, avec les années, je découvris que ma

poule connaissait la réponse correcte.

La petite colline représentait les excréments d’un ver de terre qui était

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passé par-là.Comme ma poule ne savait pas depuis quand le ver fugitif était

passé par là, il fallait avec le bec fouiller le sol et découvrir peut-être une

excellente petite délicatesse. Une délicatesse est un petit repas délicieux.

Combien de fois dans la vie, ne croyons-nous pas bien faire, en réalisant

en faveur d’un ami, de services judicieux. En réalité, nos anticipations se

placent, tout à fait, aux antipodes des intérêts de notre ami. Avec mes fouilles,

en faveur de ma poule, je passais auprès de cette dernière pour un parfait idiot.

D’ailleurs, ma poule ne me

prêtait pas la moindre attention.

Quand tu proposes des services (13), réfléchis (14) deux fois et pose-toi la

question de savoir si par ces services tu ne vas pas déranger l’ami que tu veux

assister. En effet, c’est un malheur que celui de croire rendre service lorsqu’en

réalité on porte plutôt préjudice (15) aux intérêts (16) de l’ami.

II.2. Mots difficiles

1. Attachement : amour.

2. Réel : vrai.

3. S’inquiéter : se poser des questions qui font un peu peur. Au village, les

vieux pensent que si une personne comprend la langue des animaux,alors

cette personne peut mourir très vite.

4. Avoir envie de : signifie vouloir faire quelque chose.Exemple: J’ai envie de

boire de l’eau.

5. S’écarter : s’éloigner.

6. Je suis plus fort : l’enfant que j’étais se croyait plus fort que la poule. Ce

n’est pas parce que j’étais plus fort que je pouvais effectuer le travail de la

poule comme cette dernière le désirait.

7. Hélas : malheureusement, je suis allé voir grand-mère car elle donne toujours

de beaux petits cadeaux. Exemple: hélas quand je suis arrivé, la porte de

la maison de grand-mère était fermée. Jesuis rentré chez ma mère avec

beaucoup de tristesse.

8. Avec l’âge : petit à petit au cours des semaines qui ont suivi…

9. Fouiller : gratter sur le sol en creusant des petits sillons ou des petits

sentiers profonds.

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10. Examiner : regarder.

11. Sillons : petites rigoles, petits caniveaux.

12. Effrayer : qui ont peur.

13. Raclée : une punition caractérisée par de nombreuses petites gifles.

14. Makoba mbondo : distributeur de coups de badine. Une badine est une

baguette mince et souple qu’on tient à la main.

Il faut savoir que le sol dans la forêt ou derrière la maison est une

véritable cité habitée par de nombreuses bêtes, grandes et petites. Le rat

et le serpent peuvent parfois y avoir trouvé des places pour dormir, mais

les petites bêtes elles comme lesvers de terre surtout ces toutes petites

bêtes que l’œil de la poule voit peut-être maisque les yeux d’un enfant ou

d’une personne adulte ne peuvent plus voir à cause de leur petitesse.

Toutes ces bêtes trouvent leur nourriture dans le sol. Leur travail aide le

sol à devenir plus fertile et mieux aéré. Voilà pourquoi il est mauvais de

brûler de tas de feuilles mortes. Ces feux tuent beaucoup de petits

habitants du sol. Il ne faut pas être méchant avec ces petits habitants qui

nous rendent beaucoup de services. Ces petits habitants sont si nombreux

qu’ils se comptent en milliards, même sur un tout petit espace derrière

notre maison.

En brulant une herbe sèche, derrière notre maison, nous tuons des

milliards d’êtres vivants. Qui nous donne ce droit-là ? Sommes-nous

conscients des services que nous rendent ces milliards d’êtres vivants ?

Avant l’indépendance, certains villageois écopaient (17) de près d’un mois

de prison lorsqu’ils avaient commis ce délit (18) consistant à brûler

inutilement une certaine superficie de la savane.

Les feuilles mortes doivent être enterrées dans un trou et le trou doit être

fermé avec de la terre pour que personne ne tombe dedans, de peur que

les feuilles mortes ne deviennent des abris ou des cachettes pour les

moustiques, les cancrelats et pour tant de mauvaises autres petites bêtes.

Par ailleurs, les déchets plastiques ne devraient pas être enterrés car ils

vont gêner la respiration du sol et les échanges àl’intérieur du sol.

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On ne devrait pas non plus brûler ces déchets plastiques. Lorsqu’on les

brûle, on risque parfois de produire un poison très dangereux appelé

dioxine. C’est un poison extrêmement cancérigène : sa présence dans le

corps humain peut donner naissance à une très grave maladie appelée

cancer. Dans le sol, les plastics ne se décomposent pas car nos petites

amies, les bactéries ne les mangent pas du tout. Il peut aussi traîner,

semble-t-il, de centaines d’années au cours desquels, ils contribuent à

l’appauvrissement de nos sols.

Tout ce qui est naturel est biodégradable, c’est-à-dire capable d’être

mangé ou décomposé par les bactéries locales car, d’un endroit de la

Planète à un autre, lessols n’ont pas le même type de bactéries. Dans le Basfleuve, par exemple, les feuilles de bambous ne pourrissent pas dans le sol.

Elles sèchent et cassent en menus morceaux (19). Nos sols tels que nous

les connaissons, n’ont pas les bactéries capables de manger les feuilles de

bambous.

L’invention du plastic ne semble pas représenter une belle découverte car

cette matière non biodégradable viole un principe fondamental de la

nature : tout passe, tout casse, toute lasse. Un morceau de fer, malgré sa

solidité, finit par être attaqué par une maladie grave appelée rouille en

kiyombe kha’asu. Tes amis biochimistes t’en diront davantage.

Il y a tellement des questions à poser ! Apprends à les poser, très souvent,

à tes amis et surtout à tes professeurs si tu as la chance exceptionnelle

d’avoir, toutprès de toi, un ou plusieurs professeurs qui aiment que

les élèves posent desquestions et beaucoup de questions. Pourtant, ne

sois pas dur envers tes professeurssi tu constates que l’un ou l’autre d’entre

eux n’aime pas qu’on lui pose des questions.Avec les difficultés de la vie

d’aujourd’hui, votre professeur se trouve, parfois, prisonnier d’une foule

de problèmes qu’il ne doit surtout pas vous exposer. Tu es suffisamment

intelligent pour savoir à quel point un Père de famille peut se sentir

malheureux lorsqu’il sait qu’il traverse des jours difficiles car la date de

sa paie estencore loin.

15. Proposer des services : offrir des services. Exemple: Est-ce que je peux

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chauffer de l’eau pour toi ? On offre un service ou on proposeun service.

la route, regarde

16. Réfléchir : penser. Exemple: Avant de traverser

à gauche et à droite. Pendant que tu regardes à gauche et à droite tu

réfléchis, puisque tu te poses la question suivante : « Est-ce qu’il y a un

véhicule qui vient ? Si c’est non, je regarde de l’autre côté et je me pose la

même question. Dans ce cas, je traverse rapidement la route. Voilà un

exemple de réflexion. Très souvent nous réfléchissons en silence. Même

si tu es encore jeune, tu dois apprendre à réfléchir.

17. Préjudice : porter préjudice aux intérêts de l’ami : faire du mal aux

intérêts del’ami.

18. Intérêt : le bien que l’on cherche.

19. Ecoper : recevoir, subir.

20. Délit : une faute grave, un crime.

21. Menus morceaux : petits morceaux.

II.3. Questions pour réflexion

1. As-tu déjà vu un village ?

2. Comment est le village ?

3. Où vont les poules quand elles cherchent à manger ; pourquoi cet endroit

?

4. Est-ce qu’une poule aime qu’un homme cherche à l’accompagner ?

5. Comment la poule sait–elle que sa nourriture se trouve dans le sol ?

6. A quel moment de l’année a-t-on beaucoup de nourriture ?

7. D’où proviennent les vers de terre ?

8. Que mangent les vers de terre ?

9. Pourquoi cet enfant aimait tant accompagner sa poule ?

10.Est-ce que dans les villages de la RDC, il y a des écoles gardiennes ?

11.Que pense l’enfant en regardant sa poule ?

12.Est-ce que l’enfant aime sa poule ; comment le montre-t-il ?

13.Est-ce que la poule est prudente ; comment le montre-t-elle ?

14.Pourquoi la poule se sauve-t-elle ?

15.Le travail de l’enfant n’intéresse pas la poule ; pourquoi ?

16.Quand l’enfant a-t-il compris le comportement de la poule ?

17.Quel type de service faut-il offrir à nos amis ?

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