CHAPITRE II. BANQUE POUR ENFANTS

CHAPITRE II. BANQUE POUR ENFANTS

II.1. Lecture sur la banque pour enfants

Les petits propriétaires du compte ont une activité régulière. C’est le cas des enfants orphelins exerçant une petite activité. L’un des objectifs est que les enfants retournent à l’école.

La banque leur permet d’économiser et de penser à leur avenir. Sans cette formule, les enfants de la rue sont obligés de dépenser pour échapper aux prédateurs (9).

L’Inde compte déjà près de 200 banques de ce genre. En considérant le Népal et le Pakistan, on en compte plus de 300. C’est une idée à explorer (5) pour Kinshasa et pour toutes les grandes villes de la RDC.

Pour accéder à ce privilège (10) d’avoir un compte en banque, les enfants doivent obligatoirement rentrer à l’école. Bombay (2) lance, soudain, l’idée d’offrir aux enfants de la rue l’opportunité de planquer (8) leur pécule. Question de protéger ce dernier contre les voleurs. Reste à voir si le planqueur ne peut pas être le voleur. Question difficile et passionnante là où la gestion informatique de toutes les couches de la population devient une activité courante.

Avec des Big Data Centers (1), brassant des masses de données, toujours, actualisées, bien des margoulins (6), jeunes et vieux, finiront par se faire prendre la main dans le sac. Les obstacles à cet état des choses sont très nombreux car, un chef margoulin n’a aucun intérêt à ce qu’un tel mode de gestion puisse fonctionner librement et sans entraves (11).

On a vu, dans le passé, bien des fonctionnaires intègres expulsés de leurs postes, car leur activité était jugée risquée ou dangereuse pour certaines magouilles.

En conclusion, un Centre Big Data ne peut jouer pleinement son rôle de contrôle et de gestion efficace que si, au niveau le plus élevé, il y a cette volonté nécessaire de voir le pays aller de l’avant et dans la bonne direction.

Toutefois, mine de rien (7), ces innombrables petits enfants sont une véritable mine en matière d’argent circulant par leurs mains. Si cet argent est bien géré, ne serait-ce qu’à 60%, ce serait au bout d’un an, un montant colossal qui aurait pu échapper au circuit normal (3). La formule est bonne à condition que la banque ne crée pas, entretemps, d’autres causes de fuites monétaires (4).

II.2. Mots difficiles

1. Big data center

Centre informatique vers lequel convergent d’importantes quantités de données. Avec des logiciels appropriés, ces données peuvent être consultées de façon à faire dégager des corrélations inattendues là où les données semblaient totalement sans aucune relation les unes avec les autres.

2. BOMBAY

C’est la plus grande mégapole de l’Inde. Plus de 20 millions d’habitants.

3. Circuit normal

Chaîne normale par laquelle circule l’essentiel de l’argent d’une société. Cette chaîne, c’est souvent les différentes banques.

Lorsqu’une personne planque son argent à l’intérieur d’un bas de laine, il donne l’exemple d’un argent géré loin du circuit normal. C’est une petite fortune qui ne produit aucun intérêt et qui ne travaille pas pour la prospérité du pays.

4. Fuites monétaires

La gestion des deniers publics est un problème extrêmement délicat dès que parmi les gestionnaires, se glisse une personne avec des intentions malveillantes.

Une telle personne est habitée par les motivations égoïstes centrées essentiellement sur l’intérêt personnel, tant est si bien que le système court partiellement le risque de connaître certains petits dérapages ou certaines petites déviations.

5. Idée à explorer

Idée à envisager, d’une manière critique, en vue d’une éventuelle adaptation à la RDC. Il est anormal qu’un enfant de la rue se promène partout avec son petit pécule en poche. Si le voleur potentiel n’est pas une personne extérieure au groupe, il peut être un copain mal intentionné ou avec des penchants de prédation.

6. Margoulins

Au Moyen-âge, un margoulin c’est quelqu’un qui faisait du margoulinage en vendant des objets disparates. Tantôt il vend des souliers, naturellement usés, tantôt il vend des livres. Difficile de savoir comment il se procure ces articles vendus ensuite, de porte en porte. En français moderne, un margoulin c’est un homme rusé, généralement en affaires. Il est difficile d’avoir confiance à un margoulin car il a trop des ruses derrière sa tête. On dit qu’il a plus d’un tour dans son sac.

Et puis, ses fréquentations ou ses relations sont généralement des relations douteuses. Lorsque l’on fréquente un margoulin, on risque de se trouver, soi-même un jour, dans le fonds d’une geôle (prison). Pendant que le margoulin, qui est le vrai coupable, est en train de festoyer quelque part dans le fond d’un bistrot, en joyeuse compagnie. Voilà pourquoi il est si dangereux de fréquenter un margoulin. C’est un personnage trop spécialisé dans les tours de passe-passe.

Un tour de passe-passe, c’est une opération de ruse. Seules les personnes fréquentant certains bas quartiers se trouvent à l’aise dans l’exercice d’une ruse insoupçonnée. Autant laisser ces personnages se dévorer entre eux.

Dans les anciens textes de la liturgie chrétienne, on récitait le texte suivant : « Eloignez-moi de ceux qui ont du sang dans leurs mains ».

7. Mine de rien

Sans en donner l’air.

8. Planquer

Veut dire cacher ou mettre en sécurité. Le mot planque est un synonyme du mot cachette. Les chaussettes d’un enfant de la rue ne sont pas une bonne planque.

9. Prédateurs

On appelle ainsi, le margoulin et le voleur, toujours, en quête de victimes à spolier soit par la ruse, soit par la violence. A cet effet, un enfant de la rue est une proie tout indiquée. Etant donné que ses moyens de défense sont limités, à moins que les enfants soient organisés selon une base suffisamment importante pour faire réfléchir, deux fois, un agresseur potentiel.

10. PRIVILEGE

Faveur exceptionnelle.

11. SANS ENTRAVES

Sans obstacles. Le margoulin peut également s’intéresser à l’organisation d’un système de contrôle qu’il va manipuler avec une certaine dextérité ou habileté. En apparence, il va donner l’impression de se dévouer pour l’intérêt de ce jeune copain. Hélas, trois fois hélas, un beau jour il emporte toute la caisse sans laisser, derrière lui, la moindre adresse ni la moindre information.

Dieu merci, tous les organisateurs, dans ce genre d’activité, ne sont pas nécessairement des margoulins. Parmi ces organisateurs, il y a certainement de nombreuses personnes, jeunes et vieilles, sincèrement dévouées à l’intérêt des enfants de la rue et surtout à la recherche des voies et moyens de faire de ces jeunes des personnes appelées à s’insérer correctement dans la société des adultes respectables.

Ce sont des personnes d’autant plus respectables qu’elles viennent elles-mêmes de loin. C’est parfois parmi ces personnes qu’on trouve des messieurs ou des dames « hors norme. »

Une société saine a tellement besoin de ce genre de personnalité appelée à devenir, pour nous tous, des icônes, des modèles ou des sources d’inspiration.